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Mise à jour : 30.11.2009

 

L'Union Européenne

Les institutions > La Cour de Justice des Communautés Européennes



Depuis la convention relative aux institutions communes, signées en 1957 en même temps que les traités de Rome, la Cour de justice est une institution commune aux trois communautés européennes. Elle est située au Luxembourg.


Le rôle de la CJCE

La CJCE a pour mission d'assurer le respect du droit dans l'application et l'interprétation des traités constitutifs.

Sa présence illustre la spécificité de l'ordre juridique communautaire, dont elle a elle-même explicité les règles et au sein duquel elle cumule les fonctions d'une juridiction internationale, constitutionnelle et administrative.

Elle veille donc au respect du droit communautaire concernant :
- applicabilité directe du droit communautaire dans les Etats membres ;
- primauté du droit communautaire sur le droit national.

Comme un tribunal national, la Cour doit être saisie de l'affaire par écrit, soit dans le cadre d'un recours direct des plaignants auprès de la Cour, soit dans le cadre d'un renvoi préjudiciel par une juridiction nationale.

Elle est le plus souvent saisie dans le cadre :
- d'un recours en manquement contre un Etat membre qui n'a pas respecté le droit communautaire, qui n'a pas exécuté un arrêt, ou bien qui n'a pas transposé une directive dans les délais imposés ou l'a transposée mais de manière incorrecte ;
- dans le cadre d'un recours en annulation contre un acte illégal d'une institution communautaire ou concernant un renvoi préjudiciel par une juridiction nationale qui interroge la Cour sur l'interprétation du droit communautaire ou la validité d'un acte communautaire.

Les compétences de la Cour de Justice se sont élargies avec l'entrée en vigueur du traité d'Amsterdam, le 1er mai 1999 : la Cour est compétente dans les nouveaux domaines transférés par les Etats membres au niveau européen et notamment en matière de liberté et de sécurité des personnes (droit d'asile, immigration, passage des frontières...).

L'organisation et le fonctionnement de la CJCE

La Cour de justice jouit d'une très large indépendance vis-à-vis des autres institutions, tant dans leur organisation que dans leur fonctionnement. Elle peut en effet siéger en formation plénière ou en chambres.

La formation plénière était à l'origine la règle, l'attribution d'affaires aux chambres l'exception. Cette situation a tendance à s'inverser et maintenant tous les juges participent quand l'affaire est très importante.

Cette évolution a été confirmée et amplifiée par les dispositions du traité de Nice de février 2001 qui prévoient que la "grande chambre" entendra en règle générale les affaires qui sont actuellement traitées par l'Assemblée plénière. Cette "grande chambre" est composée de 11 juges dont le Président de la Cour et les présidents des chambres à cinq juges (élus pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois).

La Cour de Justice est composée de 25 juges (un par Etat membre) et de 9 avocats généraux nommés d'un commun accord par les Etats membres pour un mandat de six ans renouvelable.

Le Président de la Cour, désigné parmi les juges pour une période de trois ans renouvelable, dirige les travaux et services de la Cour et préside les audiences et les délibérations.

Les avocats généraux assistent la Cour dans sa mission, en présentant publiquement, en toute impartialité et en toute indépendance, leurs conclusions sur les affaires soumises à la Cour.

Depuis 1989 et une décision du Conseil désormais institutionnalisée par l'article 225 TCE nouveau, la Cour de Justice est assistée par un Tribunal de première instance, composé de 15 juges nommés par les Etats membres pour six ans renouvelables. Il est compétent en première instance pour les recours en annulation, carence ou réparation déposés par les personnes physiques ou morales, les recours contre la Commission européenne déposés par les entreprises, les litiges entre l'Union européenne et ses fonctionnaires et agents.

Le Traité de Nice rend le TPI juge de droit commun pour l'ensemble des recours directs (annulation (art 230 CE), carence (art 232 CE) et responsabilité (art 235 CE)). Certaines compétences préjudicielles peuvent également lui être attribuées par la Cour de justice (art 225 CE). Le but de cette réforme est de maintenir au niveau de la Cour, en tant qu'organe juridictionnelle suprême de l'Union, seulement les questions essentielles pour l'ordre communautaire.

La jurisprudence européenne en chiffres

Depuis 1954, 9000 affaires ont été portées devant la Cour, qui a prononcé près de 5000 arrêts dans tous les champs de compétence de l'Union européenne: agriculture, aides d'Etat, droit institutionnel, droit des entreprises, environnement, consommateurs, fiscalité, libre-circulation des marchandises et des personnes, pêche, politique commerciale, politique régionale, politique sociale, rapprochement des législations, relations extérieures, transports...

Pour en savoir plus :

- L’Union Européenne Collection « Les notices » La Documentation française. 2004 ; L’Europe de A à Z Le guide de l’intégration européenne Documentation européenne Office des publications officielles des Communautés européennes 1997 ;
- Glossaire  ‘Institutions, politiques et élargissement de l’Union européenne’   (Direction générale de l’éducation et de la culture  Unité « publications ») 2000 ;
- Le Traité d’Amsterdam, mode d’emploi (Direction générale de l’éducation et de la culture  Unité « publications ») 1999.

Sites Internet :
site de l’Union Européenne : http://www.europa.eu.int/ ;
site de la CJCE : http://curia.eu.int/ ;
site français des questions européennes : http://www.touteleurope.fr/.

 
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